• Patrick Cabasset

BILLIE MARLOW, LINGERIE SOLAIRE

A la recherche d’un nom de marque, on rêverait tous d’avoir le patronyme de Billie Marlow : son vrai nom ! D’origine franco-anglaise, la griffe “House of Marlow” s’impose en effet d’elle-même à cette passionnée de lingerie.


Billie Marlow fondatrice de House of Marlow

Elevée durant ces quinze premières années sur l’île de Saint Martin aux Antilles, elle apprécie instinctivement les matières légères et solaires.

De retour en métropole avec sa famille, à La Rochelle, elle s’offre une année de voyage en Asie après le lycée. Année suivie d’une licence en langue, commerce international et entrepreneuriat avant d’intégrer l’école Esmod en 2015.

« J’ai été dissuadée de faire Esmod directement après le baccalauréat. L’image de la mode pour les parents reste souvent problématique… Mais je ne regrette pas cette licence dans la mesure où elle m’a permis de murir et d’arriver avec un projet plus réfléchis à Esmod. A 22 ans je pense que j’ai été plus attentive dans le travail à Esmod que si j’en avais eu 18 ».

Après une double formation de styliste-modéliste, elle est diplômée d’Esmod en spécialisation Lingerie en juin 2018. Mais dès son arrivée dans l’école elle sait ce qu’elle veut : ce sera lingerie ou rien ! Ce qui ne l’empêche pas de suivre le cursus commun durant les premières années. « J’aurais évidemment des lacunes dans mon métier aujourd’hui si je n’avais pas suivi ces cours de prêt-à-porter féminin. C’est un bagage nécessaire avant d’arriver en spécialisation ». Elle prévoie d’ailleurs désormais d’ajouter du homewear et quelques vêtements d’extérieur à sa collection.

Le parcours de Billie Marlow commence avec la même détermination. Peu après son diplôme, elle entre en stage chez la créatrice de lingerie Paloma Casile. Elle collabore ensuite chez Livy au département style puis enchaîne des expériences auprès de nombreuses autres petites marques de lingerie françaises et internationales : en développement de produits, en stylisme, en modélisme et parfois même en stylisme photo. Une souplesse qui n’empêche pas de courts moments plus calmes qui lui permettent de créer des pièces personnelles dans l’esprit de sa collection de fin d’études. Photographiées et mise en ligne sur Instagram, la demande naît instantanément. Durant 6 mois, elle complète également sa formation en Comptabilité, Trésorerie ou même Réseaux Sociaux auprès de la chambre des métiers et de l’artisanat et des Ateliers de Paris. Le but : renforcer ses connaissances dans l’objectif de sa création d’entreprise. Ce qui lui permet de lancer sa marque en juillet 2019.



Planet Esmod. : Comment est structurée votre entreprise aujourd’hui ?

Billie Marlow : Nous sommes trois. François Laurendeau est chargé de la création visuelle et de la communication de House of Marlow. C’est le photographe qui élabore tout le contenu visuel, une partie essentielle de la marque. C’est aussi mon partenaire dans la vie. De son côté il fait aussi de la photo en free lance pour d’autres marques. Il est également modéliste pour une marque masculine. En fait, il a été formé à Esmod en spécialisation Homme. Enfin, Stéphanie, ma maman, imagine la bijouterie fantaisie en plaqué or qui accompagne ma collection. Depuis longtemps et avant la création de House of Marlow, je faisais des bijoux avec ma mère, qui possède sa propre ligne de bijouterie en argent. C’est cette expérience qui m’a donné le goût de la création et de l’entrepreneuriat. Je l’aide aussi sur cette partie accessoire, mais j’avoue que la lingerie me prend déjà 200% de mon temps, donc elle reste très autonome.

P. E. : Et vous vivez désormais du fonctionnement de House of Marlow ?

B. M. : Au bout de 2 ans (cette interview a lieu le jour anniversaire de sa marque -NDR) Je n’en vis pas encore complétement. Mais ça me procure un minimum pour survivre à Paris.

P. E. : Où sont fabriqués vos produits ?

B. M. : La collection est intégralement réalisée à Paris en interne dans mon atelier. Il y a deux techniciennes qui m’accompagnent à l’année. Depuis un an, j’ai aussi recours à un façonnier qui réalise juste quelques étapes de la création : les bourdons et la recouvreuse sur les pièces en coton. Donc du ‘Fait en France’, mais tout en respectant une gamme de prix accessible : les culottes basiques sont vendues à partir de 40 €. Cela peut aller jusqu’à 120€ pour les matières plus luxueuses avec des finitions main. Les soutient gorges sont vendus entre 50€ et 90€. Les bodys oscillent entre 120 et 220 €.



P. E. : Comment êtes-vous financée ?

B. M. : Je suis entièrement autofinancée, mais j’ai bénéficié d’un prêt d’honneur auprès de la Fondation de France supportée par Danone, c’est un prêt à taux zéro remboursable sur 5 ans de façon totalement flexible. J’ai sans doute séduis le jury par les plans de développement de l’entreprise et son démarrage satisfaisant sur les six premiers mois.

P. E. : Qu’est-ce qui vous sert quotidiennement de votre formation initiale à Esmod ?

B. M. : Clairement, les bases en stylisme et modélisme. En style, j’ai aussi été poussée dans mes retranchements par l’enseignement d’Esmod. Forcée à voir plus loin, à être plus créative, à donner toujours plus, même dans le dessin technique. Cette volonté d’aller toujours plus loin, de donner davantage de perfection, me sert autant auprès de mes clients indépendants que pour ma propre marque. Et puis les bases du modélisme sont essentielles pour développer des produits.

P. E. : Ce n’est pas trop prenant une formation à Esmod ?

B. M. : Oh que si. Ça prend complément la vie. J’ai travaillé plus récemment avec des étudiantes qui venaient d’autres écoles et qui dormaient le week end ! Je ne comprenais pas trop: parce qu’à Esmod ce n’était pas souvent le cas… Il faut en effet s’accrocher psychologiquement, car à certains moments c’est difficile de gérer sa vie personnelle et son apprentissage à l’école. Parfois on peut avoir envie de tout lâcher et d’abandonner. Mais l’avantage de cette pression c’est que tout paraît nettement plus facile après. Même le rythme au sein de la plupart des entreprises est plus simple que le rythme de l’école. Mais c’est intéressant et formateur. C’est dur, mais c’est aussi complet !



P. E. : Quel serait le point fort d’Esmod pour vous ?

B. M. : Les professeurs. C’est grâce à eux qu’on est poussé toujours plus loin, qu’on atteint une forme de perfectionnisme.

P. E. : Quel conseil donneriez-vous aux actuels étudiants d’Esmod ?

B. M. : Je leur dirais qu’il ne faut pas lâcher l’affaire, jamais ! Il faut travailler, s’accrocher mais aussi penser à se faire plaisir parfois. Lorsqu’on est pris par le rythme des cours et des travaux à réaliser, on oublie cette notion de plaisir. C’est dommage, car ensuite on peut regretter de n’avoir pas vu la chance que ça représente, parce qu’on est trop fatigué ou stressé. Il faut toujours se souvenir que ça vaut le coup, qu’après le diplôme, il y aura de belles opportunités, des rencontres, une vraie carrière.

P. E. : Si c’était a refaire ?

B. M. : Je referais la même formation avec plaisir. J’ai même parfois envie de faire une année supplémentaire à Esmod ! A l’école, on oublie que la vie d’après peut être plus difficile encore. Et que là, on est souvent seule contre l’adversité. Moi, il m’arrive encore de regretter l’innocence des années d’école. Ce dont on a trop rarement conscience lorsqu’on suit une formation.



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