• Patrick Cabasset

TERESA TIONG : BIJOUX DE TRANSMISSION

Mis à jour : mars 6

Pour Teresa Tiong, c’est à l'école que tout a commencé : « Je vivais à Paris et j'étudiais le design de mode à Esmod. À la fin de chaque cours, Maria ma professeur nous saluait avec cette phrase 'Au revoir les filles !'.


Teresa Tiong fondatrice de la marque de joaillerie Au Revoir les Filles


Dès que j'ai entendu ces mots, j'ai su que ce serait le nom de mon label. Il a vraiment résonné en moi... Il évoque toujours pour moi des histoires de romance, un rappel de la belle ville où j’étais, le temps formidable que j'y ai passé et les amis incroyables que j'y ai connus », lit-on sur le site internet de la marque ‘Au Revoir les Filles’.

Difficile de se faire un nom dans l’univers très concurrentiel des accessoires de mode. Et plus particulièrement dans celui de la joaillerie créative. Inspirée de l'histoire et du romantisme, la marque de Teresa Tiong ‘Au Revoir les Filles’ a cependant réussie à s’imposer en quelques années. En Australie où la marque est basée -et désormais membre de l’Australian Fashion Council-, ainsi qu’aux USA et au Canada. Mais aussi en Corée et à Singapour.

C’est sur ce territoire qu’est née sa fondatrice. Dans une famille pas particulièrement liée à l’univers de la mode : « Mon père était comptable et ma mère femme au foyer, raconte Teresa, mais j'ai grandi en m'inspirant des pièces patrimoniales transmises par ma famille. Bijoux anciens, vêtements et sacs vintage, j'adore les porter car ils ont une histoire et racontent une histoire. Beaucoup de bijoux que je crée sont inspirés de ces pièces familiales anciennes. En outre, ma mère avait beaucoup de magazines de mode que je lui empruntais régulièrement, ce qui a cultivé mon amour pour la mode dès mon plus jeune âge ».


Quelques bijoux à transmettre de générations en générations, signés Au Revoir les Filles

Planète Esmod : Pourquoi avoir choisi Esmod pour votre formation ?

Teresa Tiong : Esmod est l’une des plus anciennes écoles de mode en Europe et avait déjà une solide réputation. J’ai toujours voulu vivre à Paris et Esmod était l'endroit parfait pour moi. Non seulement elle m’a procuré l'éducation dont j'avais besoin, mais Paris est la capitale mondiale de la mode. Il y a tellement d'art et de culture qui m'ont inspiré pendant mon séjour. Les professeurs étaient incroyables et pouvaient enseigner en français aussi bien qu’en anglais, ce qui m'a permis de pratiquer mon français. Durant deux ans j'ai étudié là le stylisme et le modélisme dans une approche Nouvelle Couture.

P. E. : Quels ont été les moments marquants de ces études à Paris ?

T. T. : Sans doute lorsque j’ai remporté le prix L'Oréal Paris pour ses illustrations de mode. Mais pas seulement. Là j’ai pu développer mon amour des arts en général. Et puis découvrir chaque semaine de nouveaux musées, de nouveaux trésors artistiques : l'Orangerie, le Centre Pompidou, les ossuaires souterrains des Catacombes, etc.

P. E. : Avez-vous créé votre marque immédiatement après l'école ?

T. T. : Après mes études, je suis venue m’installer en Australie ou j'ai travaillé dans l'industrie de la mode pendant plus de 10 ans. J’ai participé à la conception de marques emblématiques comme Manning Cartell, Sass & Bide, Charlie Brown, The Cassette Society ou Valleygirl.

P. E. : Pourquoi avez-vous décidé de lancer votre propre marque?

T. T. : A un moment, j’ai eu envie d'avoir le contrôle total de mes créations. J'ai vraiment adoré travailler pour d'autres marques car j'ai eu de grands mentors qui m'ont beaucoup appris. Mais finalement, j'ai senti qu'il était temps de me tester et de voler de mes propres ailes, afin de voir ce que je pouvais atteindre par moi-même. J'ai donc lancé ‘Au Revoir Les Filles’ il y a quelques années et je n'ai plus jamais regardé en arrière.


Dans l'atelier Au Revoir les Filles à Sidney

P. E. : Quelles sont vos inspirations ?

T. T. : La mode est un moyen de m'exprimer de manière créative. J'adore m'inspirer de la lecture de livres et de films, en passant par la visite des musées. Les pièces que je crée s'inscrivent dans l'univers créatif que j'ai imaginé. Au moment de leur création, j'aime être entouré de belles choses, en particulier des souvenirs du passé et des curiosités comme des papillons et des crânes albinos que j'ai collectionné au fil des ans. Ces souvenirs et les mémoires qu'ils détiennent m'inspirent pour tisser mon histoire. Des créations que je souhaite transmettre à chaque cliente afin qu’elle les transmette également de génération en génération.

P. E. : Comment avez-vous su que les accessoires étaient votre truc ?

T. T. : Depuis toujours ! J'adore la longévité des bijoux. Je porte depuis longtemps des pièces transmises de ma grand-mère à ma mère, qui me les a transmises à son tour. Chaque fois que je portais une pièce, je recevais tellement de compliments... Cela m'a amené à concevoir des pièces pour les gens autour de moi. En les modernisant à ma façon bien sûr, pour les femmes d'aujourd'hui. Je suis toujours émue et excitée à chaque fois que je vois quelqu'un porter l'une de mes créations.

P. E. : Sur quoi travaillez-vous actuellement ? Quels sont vos projets ?

T. T. : Je conçois toujours des bijoux dans ma tête, ça ne s'arrête jamais et c'est très amusant pour moi ! Mais je me concentre également sur l'amélioration et la rationalisation de mon entreprise afin qu'elle soit plus efficace et productive. Longtemps, j'ai eu l'impression de travailler « dans » l'entreprise, alors que je devrais vraiment travailler « sur » l'entreprise. Evidemment c’est facile de se laisser absorber par les tâches quotidiennes, mais je dois consacrer mon temps, mon énergie et mes compétences à concevoir aussi les 20% qui font avancer 80% de l'entreprise, et non l'inverse. C'est une tâche vraiment énorme et j'apprends beaucoup. Mais j’apprécie aussi la chance de mieux connaître mon entreprise.


Le corset orné de cornes de Teresa Tiong lors de sa 3é année à Esmod Paris

P. E. : Qu'est-ce qu’Esmod vous a apporter face à ces challenges ?

T. T. : Mon professeur de stylisme m'a dit un jour: "Tout est possible dans la couture". Cette phrase m'a non seulement amené à créer un corset qui avait des cornes sortant du buste pour ma dernière année à Esmod (pièce déjà présentée dans le magazine Planet Esmod…), mais elle a continué à résonner en moi bien après mon départ de l'école. Cela m'a incité à croire que je pouvais faire tout ce que je pensais et m'a donné le courage de franchir le pas et de lancer ma marque de bijoux ‘Au Revoir Les Filles’ lorsque ça a été le bon moment.

P. E. : Quelle est la force d’Esmod pour toi ?

T. T. : Personnellement, je chérirai toujours l'amitié et les liens que j'ai tissés à Esmod. L'école offre un excellent environnement d'apprentissage pour que les gens étudient ce qu'ils aiment. J'ai passé là un très bon moment et ce fut une expérience inoubliable. Si c’était à refaire, je referais le même parcours, définitivement !


Colliers et B.O. inspirés signés Au Revoir les Filles

P. E. : Quels conseils donnerez-vous aux étudiants qui suivent actuellement les cours d’Esmod ?

T. T. : Être un bon designer, ce n'est pas seulement s'exprimer, mais savoir ce que veulent vos clients. Lorsque vous travaillez et concevez un label, ne vous limitez pas à créer uniquement un produit. Découvrez les systèmes commerciaux, les fabricants avec lesquels travailler, les marges de prix, les produits qui génèrent le plus de ventes. Apprenez à négocier les prix, à respecter les délais de livraison, à développer de bonnes relations avec vos collègues et fournisseurs. Un jour, vous voudrez peut-être créer votre propre marque, ce jour là, vous ne serez plus seulement un designer, mais un entrepreneur, et vous aurez besoin de toutes ces compétences pour bâtir une entreprise autour de ce que vous aimez faire.


www.aurevoirlesfilles.com


BO piercing Au Revoir les Filles

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