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Côme-éditions : le choix de l’harmonie et de la responsabilité

Classée en 2018 dans le prestigieux palmarès des françaises et des français « de 30 ans les plus prometteurs » publié par Vanity Fair, Clémence Dru égrène les succès sans discontinuer depuis la fin de sa scolarité à ESMOD Paris. Saga d’un parcours flamboyant qui conjugue de main de maitre, élégance et éco-responsabilité.






Version française du « New Establishment » proposé par la version américain du célèbre magazine, le classement proposé par Vanity Fair en juin 2018 a fière allure : des artistes, des musiciennes et des musiciens, des écrivains, des réalisatrices, des chercheuses, une compositrice, une conservatrice, un inventeur. Tous les secteurs d’activités sont représentés. Le monde de la mode aussi : il brille dans ce classement avec la présence de Clémence Dru, 29 ans, qui accompagnée de son frère Matthieu, est la créatrice de Côme : « griffe chic et responsable » souligne le magazine. Il faut bien reconnaitre que la marque pourtant jeune, fait un véritable tabac. Comment atteindre si jeune un tel succès ?


Pour expliquer ce « sans fautes », Clémence Dru, avec la modestie des grandes, reconnait avoir eu beaucoup de chance car de nombreuses personnalités, dont Léa Seydoux et Caroline de Maigret sont se faites spontanément les ambassadrices de ses créations. Cette aptitude à multiplier les rencontres intéressantes s’appuie cependant sur une véritable rigueur doublée d’une grande curiosité. « J’ai un master en marketing à ESMOD Paris. Ça a été une véritable opportunité pour moi, cela m’a permis de m’ouvrir l’esprit et d’aborder la mode d’une manière différente. »




La maitrise des fondamentaux du style, la capacité à travailler en binôme, la compétence en marketing et en communication – autant de connaissances sérieusement assimilées durant sa scolarité – ont été le terrain, non suffisant mais indispensable à l’éclosion de son label. « Une fois mes études terminées, j’ai tout de suite eu envie de me lancer. Nous avons lancé Côme avec Matthieu en octobre 2014.  Nous avons fait pas mal de chemin depuis, je ne m’attendais pas à ce que tout cela aille si vite » avouait-elle dès 2015. Un choix qui peut sembler rapide mais qui s’explique par le sérieux de sa formation et la profondeur de sa vocation : « J’ai su assez jeune que je voulais travailler dans un domaine artistique et la mode s’est présentée ensuite comme une évidence. »


L’habilité à dresser des business plans et la capacité de prévoir les nombreux écueils qui attendent une jeune marque de mode ont été décisifs pour Côme : « Au début, nous avons fait le choix de ne pas être présents pour le moment sur des points de vente physiques mais de vendre uniquement via notre e-shop avec quelques pop-up stores de manière ponctuelle. Nous voulions faire les choses lentement mais surement. » Ce choix s’est avéré judicieux : Le lancement maitrisé de projets capsules, le bon positionnement de la marque, la présence, dès le lancement du label de best-seller déclinable de saisons en saisons, ont frappé les esprits des acheteurs du monde entier. Les acheteurs du Bon Marché, sensibles aux pièces originales mais portables de Côme – vêtements bimatières, bicolores, parfois réversibles, toujours romantiques - sensibles également au côté artisanal de la marque, ont fait confiance à la créatrice en acceuillant ses créations.





C’est ainsi que petit à petit, le réseau de retailers conquis par Côme s’est affermi et agrandi. La marque fut bientôt vendue dans une vingtaine de renom – en Asie, au Moyen Orient, au Canada, aux Etats-Unis. Cet engouement entraina la marque a franchir enfin le pas de la boutique physique. Ce qui n’empêche pas Clémence et son frère de se remettre continuellement en question, tout en veillant à conserver ce qui constitue l’essence de leur univers. Cette essence repose tout d’abord sur les mini-collections fabriquées à Paris en petites quantités. Quitte à refuser les demandes de certains grands magasins qui demandent des quantités trop grandes, ce qui oblige à délocaliser.


Mettre l’accent sur les pièces uniques


Cette essence repose également sur l’éco-responsabilité, si importante pour les créateurs de cette génération. Dans cette optique, Clémence et son frère ont pris une grande décision : « Nous avons décidé de ne plus produire de tissu. Dans un premier temps, nous puisons dans nos propres chutes pour donner vie à des pièces en édition très limitée". D’où la naissance d’une ligne baptisée « Seconde Vie », lancée l’été dernier : une collection d’upcycling composée de kimonos, de robes, de vestes et de chemises intemporelles.




On le voit, Clémence et son frère, loin de se contenter du succès de leur jeune label, privilégient les projets qui contiennent du sens. Cette recherche du sens, basée sur une nouvelle façon de consommer, repose également sur un sens aigu de la collaboration. Collaboration avec les équipes et les partenaires tout d’abord – Côme travaille avec la Compagnie du Sénégal et de l’Afrique de l’Ouest (CSAO) autour de broderies réalisées par des femmes en difficulté – mais aussi avec les enseignes qui respectent les convictions du duo créatif. C’est par exemple le cas du grand magasin Harvey Nichols à Londres qui a acceuilli le collectif The Maiyet réunissant des marques partageant la même vision éthique de la mode : « Nous sommes heureux de faire partie de cette communauté » insiste la marque sur son remarquable site internet baptisé côme-éditions.fr. C’est aussi le cas de Monoprix qui en octobre dernier a mis en lumière les vêtements du jeune label dans ses points de vente. A cette occasion, Clémence et Matthieu ont testé l’homme, le bébé, l’enfant et la décoration.


Ce test, évidemment passé haut la main, donne beaucoup d’espoir aux afficionados de plus en plus nombreux du label mais ne modifie pas pour autant l’esprit de mesure qui anime les deux entrepreneurs : « « Le but, ce n’est pas que l’on trouve les mêmes vêtements siglés Côme partout sur la planète. Nous vendons désormais en dehors du calendrier et nous échangeons vraiment avec les boutiques pour voir comment elles peuvent s’adapter à notre nouveau rythme » Le but ultime : vendre aux clients finaux les pièces les plus uniques et personnalisées possible. Pour Côme et pour Clémence, chaque jour est un nouveau départ et une nouvelle aventure que nous nous réjouissons de soutenir.


Come-editions.fr

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